Rencontre avec Maud Villaret de Toubab Paris

Ses bijoux interpellent, éveillent les sens et attisent les curiosités. Nous nous devions de vous présenter Maud Villaret, la créatrice de l’incroyable marque Toubab Paris.

Maud se définit comme une amoureuse de l’art sous toutes ses formes. Depuis toujours, la créatrice entretient un rapport particulier et fort avec l’Afrique. Passionnée par ce continent, qui est pour elle une source d’inspiration inépuisable, Maud s’y rend régulièrement pour trouver des tissus, découvrir des savoir-faire ancestraux. Elle apprit notamment pendant deux mois la teinture à l’indigo au Mali auprès de Aboubakar Fofana en 2004.

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Pour les non-initiés, Toubab, utilisé en Afrique de l’Ouest, désigne les personnes de peau blanche.

 

Après être passée par de grands bureaux de tendance, Maud décide de se concentrer sur l’univers des bijoux. C’est ainsi que Maud décrit sa marque :

« Je veux créer des bijoux, qui soignent l’âme par la joie de vivre et qui apportent de la gaieté à ceux qui les porte. Des bijoux qui invitent à l’évasion et pourquoi pas à la méditation. »

Questions à Maud Villaret :

 

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Vous êtes diplômée en design textile, vous êtes passée par de grands bureaux de tendances, pourquoi avoir choisi l’univers des bijoux ?

Rétrospectivement, les bijoux me passionnent depuis l’enfance. Je me revois dans la cour de l’école maternelle à chercher des perles de rocaille, pendant que les autres jouaient.

Cette passion ne m’a pas quittée, puisqu’en parallèle de mon poste dans des bureaux de tendance, je créais des bijoux et les vendais dans des boutiques de créateurs. Mais j’ai vite voulu avoir un contact direct avec mes clients. Il est important pour moi, d’être proche, de créer des liens et de comprendre leur univers. Avec un noyau de créatrices nous avons monté une association pour vendre en direct.

C’est ensuite en 2007, que j’ai déposé la marque Toubab Paris pour répondre à une importante commande du musée du Quai Branly.

Comment se passe la création d’un bijou ? Quelles sont les étapes, qui vous amènent à réaliser un bijou ?

Je n’ai pas de démarche prédéfinie pour la création d’un bijou. Je me laisse guider par les matières, les couleurs des tissus, des pièces que j’ai chinées, fait fabriquer… je prends ce qui me passe sous la main et j’assemble. On me demande souvent, quand je vais finir une pièce, mais je ne le sais pas !

Je cherche avant tout l’équilibre au niveau des volumes et des couleurs.

Vous avez collaboré avec des ateliers d’insertion à Paris et avec des coutières à Madagascar pour produire des bijoux en petite série. Quelle est aujourd’hui votre méthode de fabrication ?

J’ai testé plusieurs systèmes de production. Je sélectionne différents artisans selon leur savoir-faire. Aujourd’hui, je délègue la fabrication de certaines pièces en petite série pour la confection de mes bijoux. Par exemple l’atelier de Madagascar coud à la main les cordons en tissus. Les pompons quant à eux sont faits en Inde par des femmes., les boulettes en cuir au Niger …

Les bijoux sont assemblés dans mon atelier parisien. Mon atelier regorge de tissus rapportés du Mali, du Burkina, du Sénégal… J’utilise aussi beaucoup de verre de Murano et plus récemment j’ajoute à mes créations des cristaux Swarovski.

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Pourriez-vous dire que vous avez pris un tournant plus « Couture » avec vos collections de pièces uniques ?

Cela fait 10 ans que Toubab Paris existe, je cherche une organisation qui me ressemble. Je veux avant tout créer, je dois être plus sélective dans mes choix car je suis de plus en plus sollicitée. La création à la commande est idéale pour moi. Et puis, j’ai des projets différents, cela peut être une pièce pour un défilé, un bijou sculpture pour un collectionneur ou bien un bijou pour une danseuse, un musicien. Je m’inspire alors de la personne, je rentre dans son univers. La personne doit pouvoir s’approprier la pièce.

Quelle est votre clientèle ?

Au début ma clientèle européenne était plutôt blanche, mais au fil du temps elle est devenue beaucoup plus mixte et métissée, l’Afrique étant à l’honneur depuis 3 ou 4 ans, c’est tant mieux et je suis sûre que cela va perdurer. Je vends mes bijoux aux Etats-Unis, en Europe, en Afrique, en Australie… et aussi en Asie (notamment au Cambodge et Japon). Les pièces étant en général très colorées, j’ai aussi beaucoup de succès dans les îles !

 

Où retrouver le travail de Maud Villaret :

Son site : http://www.toubabparis.com

 

Et prochainement Toubab Paris expose en collaboration avec la dessinatrice Stéphanie Ledoux, du 24 novembre à fin décembre, à la Galerie 38.

Crédits photos : Photographe Xavier Dollin, modèle Moh Dia, make up Su

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