Les artistes béninois à suivre – Partie I

Le deuxième dossier de l’été Arts Design Africa, vous fait partir à la découverte des artistes béninois à suivre de très près. Bon voyage !

Au cours de ces vingt dernières années, le Bénin est devenu un des pays les plus productifs d’Afrique de l’Ouest. Le pays a même gagné le surnom de Quartier latin de l’Afrique. Un nombre important d’artistes béninois de premier plan sont aujourd’hui présents sur la scène internationale. L’exposition de l’artiste Meschac Gaba au Tate Modern en juillet 2013 a sans aucun doute participé à cet engouement international.

 

Cyprien Tokoudagba (1939-2012)

Guézo – 2008 –
Cyprien Tokoudagba –
Courtesy of the artist and Galerie Degbomey

Peintre dont la carrière était principalement axée autour des peintures murales, Tokoudagba a été chargé de la restauration du Musée national d’Abomey, du Palais du roi Glélé. Tout au long de sa carrière, Tokoudagba a peint des bâtiments, des temples et des institutions du Vodun dans son pays natal. Son travail mural – à la fois en fresque et en relief – a rendu hommage au riche patrimoine culturel de l’art béninois et Vodun, en représentant des figures symboliques ou religieuses dans un style propre à l’artiste. En 1989, il crée une série d’ouvrages non commissionnés sur toile qui entrecroisent librement les symboles du Roi d’Abomey, l’iconographie religieuse, les objets culturels et les symboles des Quatre Éléments.

Ces peintures énigmatiques ont été un départ non vers le laïc en soi, mais peut-être loin d’un hommage historique ou religieux spécifique et vers une autonomie artistique dans son travail. Ces peintures ont été exposées dans le cadre de l’exposition Magiciens de la Terre au Centre Pompidou à Paris en 1989 et jusqu’à sa mort en 2012.

 

Romuald Hazoumè (né en 1962)

Masques Picasso Mania au Grand Palais –
Romuald Hazoumè

Hazoumè est l’un des premiers artistes à obtenir une reconnaissance internationale pour son travail au Bénin. Reconnu pour ses célèbres séries de masques, des faces composites formées à partir de boîtes de gaz abandonnées, au milieu des années 1980. Alors que ses sculptures sont d’abord humoristiques, elles indiquent un courant politique plus sombre que Hazoumè a continué d’aborder tout au long de sa carrière artistique, en se référant spécifiquement à l’industrie pétrolière souterraine qui alimente l’économie du Bénin.

 

Calixte Dakpogan (né en 1958)

Dakpogan Calixte -Pigozzi Collection -319 – 2006 – Plastic, metal, textile

Descendant des Royal Blacksmiths de Porto-Novo, Dakpogan et ses frères ont continué à maintenir la forge royale dans la section de la ville, dédiée à Ogun, le dieu du fer. Après avoir découvert les œuvres de Hazoumè, l’artiste a commencé à utiliser la forge pour produire des sculptures laïques. Les pièces de Dakpogan sont en grande partie humoristiques, parfois dérangeantes. Des interprétations de l’art figuratif typique de Fon (ethnie principalement basée au sud du Bénin). Bien qu’il utilise toujours le matériel de ses ancêtres, l’artiste intègre souvent des détritus modernes. Les CD, les cassettes, les peignes et les stylos se fondent pour créer des visages ou des figures composites qui, tout en jouant, répondent au canon de la sculpture Fon, proposant un équivalent alternatif et contemporain.

 

 

Georges Adéagbo (né en 1942)

Georges Adéagbo – 2016

Ne se considérant pas comme un artiste, Adéagbo n’avait aucune intention de faire découvrir ses installations à la scène internationale. En effet, nombreuses de ses premières œuvres ont été détruites pour désencombrer sa maison. Mais une rencontre fortuite avec un curateur parisien venu voir les travaux de Kouas et Hazoumè, a permis à Adéagbo de redéfinir son activité comme une production artistique valable.

Sa collecte d’objet commence lors de promenades à Cotonou et se poursuit dans les pays où les oeuvres sont exposées. Adéagbo compile des collections d’objets, de rejet, d’élimination et d’abandon. Ces matériaux, qu’il s’agisse de coupures de journaux, de jouets, d’enregistrements, de morceaux de plastique ou de vêtements sont ensuite réarrangés, leur sens étant réapproprié à mesure que l’artiste crée des installations en grande partie sur des décisions esthétiques.

En 1999, il reçoit le prix du jury «Premio della giuria» à la Biennale de Venise pour son travail au Campo dell’Arsenale, il est depuis devenu un artiste de renommée internationale.

 

William Adjéte Wilson (né en 1952)

William Adjete Wilson – Série collage fabric on rag – Beltway Poetry Quarterly

Né en 1952 d’une mère française et d’un père appartenant au Mina (population d’Afrique de l’Ouest qui vit dans le sud Togo et au Bénin), il grandit à Orléans et étudie la philosophie et l’anthropologie à Paris. Plus tard, il retourne en Afrique de l’Ouest pour explorer son héritage et devient artiste autodidacte dès 1973.  L’expansion de sa carrière s’oriente peut-être en dehors de la scène artistique béninoise, mais sa peinture, son dessin et ses installations sont fortement liés à ses racines béninoises et explore la douleur passée des esclaves, qui a façonné l’histoire de l’Afrique de l’Ouest. En 2013, pour son installation The Black Ocean à la bibliothèque-médiathèque d’Évreux en France, l’artiste expose des tentures fabriquées à l’aide des méthodes traditionnelles de l’art royal dans le royaume du Dahomey, tandis que sa récente série VODOON’s rend hommage aux formes et à l’apparence de l’art et de l’iconographie Vodun.

 

 

 

 

Sources : http://www.lepetitjournal.com/cotonou/a-voir-a-faire/249658-cotonou-a-voir-a-faire-10-artistes-beninois https://theculturetrip.com/africa/benin/articles/contemporary-art-in-benin-a-history-in-ten-artists/ https://artsdesignafrica.com/les-artistes/mario-hounkanrin/

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