Yann « Tok » Hazoumé

Chasseur de tête et entrepreneur dans une vie parallèle, Yann Hazoumé est arrivé à la peinture par hasard, en 2011. Véritable révélation en regardant une amie s’exprimer à la peinture à l’huile et au couteau. Un événement douloureux fera le reste. Il s’y jette à corps perdu et y trouve un formidable et salutaire exutoire qui lui révèle combien, chez lui, douleur et révolte pourraient être fécondes…

Son inspiration actuelle, il la puise dans le large thème de la “cause noire”. Il conçoit son travail comme un outil de plaidoyer, complétant d’autres moyens visant la dénonciation de l’arbitraire des pouvoirs, de tous les pouvoirs, négrophobes en particulier : pilleurs séculaires dans les contextes coloniaux et post coloniaux contemporains en Afrique; fuyant sournoisement d’inévitables questions sociétales dans les démocraties européennes; et plus violents et ouvertement racistes aux Etats Unis.

Certains dirigeants africains, qui ne représentent qu’eux-mêmes, et non leur peuple, allant de renonciations en renonciations, ont également leur part de responsabilité. Leur représentation, dans le tableau “Zombie-présidents”, en procession docile de mort-vivants, tenant en main leurs consciences et leurs têtes prêtes à être jetées sur un étrange autel, exprime cette réalité.

Optimiste de nature, Yann Hazoumé ne voit aucun paradoxe à ce que le fil conducteur de son inspiration actuelle se résume dans cette phrase de l’écrivain Ta-Nehisi Coates à son fils : “La destruction du corps noir est une tradition et un héritage. Je ne voudrais pas que tu te couches dans un rêve (…)”. Il est également fasciné par les destins de grands hommes et leaders politiques, et par leurs luttes sacrificielles.

Autodidacte, il développe une technique où les traverses des rouleaux, des pinceaux et des couteaux se superposent sur une même toile en couleurs vives. Sa création est spontanée, intuitive, éruptive.

Il signe ses œuvres du pseudo “Tok”, de Tokumbo en Yoruba, un de ses prénoms. Littéralement, celui qui vient d’au-delà des mers. Prénom généralement donné aux enfants nés “à l’étranger”. Rapport à sa conception en France et au souhait de ses parents de le voir naître au pays. Né au Bénin en 1971, citoyen béninois et français, sa quête de connaissance du monde et de ses riches cultures l’a conduit à vivre entre le Bénin, le Canada, la France et le Sénégal. Réinstallé en France depuis 3 ans, il vit en région parisienne.

Les oeuvres de Yann « Tok » Hazoumé

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